mardi 8 juin 2010

(2) Kalabougou, village de potiers

Entre le port et le village : nous passons sous l'arbre à palabres.
Près de l'entrée du village, et bien visibles depuis le ciel (Google Maps), les fours.
Ce sont des aires circulaires où l'on dispose les poteries à cuire, avec des cales si nécessaire, que l'on recouvre de fagots de bois, puis de paille pour obliger le feu à couver.
Au premier plan, des tas de raisins, utilisés pour colorer les poteries.

La  fabrication commence par le pétrissage de l'argile, avec la houe et les pieds. L'eau est acheminée avec des fûts depuis le Niger.

Puis la poterie est façonnée à la main, sans tour ; séchée, puis vernissée en l'enduisant par frottement avec des graines de baobab.

Après cuisson, les poteries sont convoyées jusqu'au port, pour rejoindre le marché de Ségou, sur une pirogue.
Dans ce village, il y a aussi un moulin à mil mu par un moteur diesel ; ici, les femmes ne passent plus leur temps à piler le mil dans un mortier. Elles mettent leur calebasse de mil dans la file d'attente, puis récupèrent celle-ci remplie de farine.
On voit ainsi l'utilité de la taxe sur les touristes : cela permet de financer des équipements utiles à la communauté du vilage (école, moulin à mil, etc...). La perception de cette taxe est d'ailleurs assez souple, avec dégressivité pour les groupes.

Il y a aussi un marché, avec des fruits et du poisson. Les poissons sont tout petits. Dans le Niger, on les voit sauter pour s'échapper du filet où ils seraient pris.

Dimanche : (1) Tourisme à Ségou

Lever matinal, nous avons rendez-vous avec le guide à 8 heures. Nous avons dormi. Un peu la sensation d'avoir dormi dans un Airbus avec cette clim bruyante. Mr Touré m'a informé qu'il ronfle quelquefois. Je n'ai rien entendu... Petit déjeûner avec du thé Lipton parcimonieux, de la confiture d'abricots made in France.
Embarquement sur une pinasse, pour traverser le fleuve, et longer la rive opposée pendant une heure. Cela me rappelle des souvenirs d'une autre navigation. Mais c'est bien agréable. Nous ne sommes que 4 sur cette pinasse : le pilote, le guide, Mr Touré et moi. Nous sommes à l'aise. Il y a tout ce qu'il faut à bord, notamment un réchaud à charbon de bois, et le guide nous prépare un thé à la menthe. Nous croisons une pirogue de sable, récolté en plongeant avec un seau dans le lit du fleuve.
Le long du Niger, nous voyons des jardins maraîchers, arrosés à la calebasse, des pêcheurs avec leurs filets, des vaches, des moutons et des ânes.

Et la photo souvenir.

lundi 7 juin 2010

Samedi : départ pour Ségou

C'est aujourd'hui le départ pour l'excursion promise depuis longtemps, puis différée pour diverses raisons. Mr Touré arrive vers 8 heures. Nous attendons le professeur d'électricité, qui a cours à 9 heures, mais ses apprentis ne viennent pas. Nous partons quand même, avec un petit crochet par la mairie d'Hamdallaye où Papa Moussa a une réunion de préparation des élections, puis nous dirigeons vers la maison de Mr Touré, en faisant quelques petites courses : du gas-oil, de la viande grillée, à côté de la librairie Togouna, correspondant de l'Harmattan. C'est la première vraie librairie que je vois ici. Puis du pain. Un petit rafraîchissement (jus de Zaban) et un thé à la menthe avant de prendre la route, et nous voilà partis. Nous passons la Porte d'Afrique. Encore une petite pause pour de l'huile moteur et une carte téléphonique. Il est 12:03. Ségou est devant nous, à 220 km.
D'abord la banlieue de Bamako, qui s'étire avec Niamana, son marché, son contrôle de police ; Dyalakorobougou, Tieguena, Kobalakoro, Baguineida, terminus des Sotrama. Yayabougou, Kassela avec sa laiterie et son péage. Là, nous sommes vraiment sortis de la ville. 30 km sans village pour la traversée de la Forêt de la Faya, quelques grands arbres entourés de petits arbres, car cette forêt a souffert d'incendies à plusieurs reprises, malgré diverses campagnes contre la désertification. Santiguila, Kurukoro, Wolodo, Maraka Coungo, Tingolé, Bagan Warsala, et Fana. A la sortie de Fana, arrêt à l'ombre d'un arbre (manguier ?) pour une pause déjeûner, avec nos provisions et le jus de Zaban préparé par Mme Touré.
La route est plus dégagée et plus rapide : Balabougou, Konobougou (sous-préfecture), Binguebougou, Zambougou, Siribougou, Banakoroni et Ségou. Nous y entrons par le quartier des maisons coloniales, témoins d'une forte occupation française. Nous cherchons l'hôtel qui nous a été indiqué par des amis. Le nom de l'hôtel était mauvais, mais nous sommes pris en charge par un guide, membre de l'association des guides de Ségou, qui nous pilote. La terrasse est agréable ; nous y avons rendez-vous avec un conseiller municipal. Un petit tour à la chambre pour démarrer la clim, et prendre une douche. Eau à 40°. Notre rendez-vous est arrivé. Nous discutons de questions d'éducation, nous présentons le journal du Lycée.
Puis les visites : d'abord un jeune garçon, dont la marraine avait écrit à Mr Touré pour lui faire part de ses inquiétudes quant à l'éducation de son filleul. Nous confirmons à son père que selon nos renseignements, il a fait un bon choix pour le collège. Ensuite un ami pharmacien, que nous ne trouvons pas dans son officine. Nous sommes maintenant disponibles pour la visite.
Notre guide nous emmène au port à l'heure du coucher du soleil, puis dans un atelier de bcogolan où on nous explique que le bogolan de Ségou est différent de celui de Bamako. Et le quartier des maisons coloniales, construites vers 1930-1935, et occupé par diverses administrations dont l'Office du Niger. La visite est gâtée par la nuit qui tombe. Nous cherchons le restaurant qu'on nous a conseillé. Il est fermé ce soir. Nous rentrons à l'hôtel, puis faisons une petite sortie en ville. Achat d'oranges et de mangues. Nous rentrons à la chambre, fatigués, et dînons avec le reste de nos provisions et les fruits devant une télé mal réglée dont l'image saute tout le temps alors que nous sommes à 200 m de l'émetteur de l'ORTM. La chambre n'est pas vraiment fraîche, pourtant la clim ronfle ! Le carrelage de la salle de bain est à 40°C. L'eau (froide) n'est plus qu'à 37°C. On n'hésite pas à prendre une autre douche. Heureusement, j'ai emporté une serviette, car l'hôtel n'en fournit pas...

samedi 5 juin 2010

Vendredi - calme

Un magasin d'électro-ménager proche de chez nous.

Nuit agréable et fraîche. Mais le ciel est bleu, et déjà à 9 heures la chaleur est pesante. C'est ce qui me fait penser aux frigos.

L'électricien revient pour terminer sa tâche. Maintenant, tous les interrupteurs et toutes les lumières sont en état de marche. Le Lycée étant le premier locataire de l'immeuble resté plusieurs années inoccupé après sa construction, il a fallu essuyer les plâtres, autrement dit, éliminer les éclaboussures de mortier sur les carrelages et le matériel électrique, gratter les débordements de peinture, et autres malfaçons variées.

Un atelier de réparation de froid, à Lafiabogou.

Prière, sous un soleil de plomb. Je ne sors pas du Lycée. Je cherche les pièces les plus fraîches, mais elles sont rares.

Le soir, un peu de bureautique (Excel). Je réussis à récupérer un CV, ce qui fait 14/16.

vendredi 4 juin 2010

Jeudi : Encore une coupure

7 heures du matin, ramassage des ordures. Ici, pas de taxe d'enlèvement, mais on paye 100 Fcfa pour vider sa poubelle dans le tombereau.

Vers 11 heures, un employé de l'électricité vient. Suite à nos problèmes de trésorerie (l'assurance d'un payement imminent des frais de scolarité par le Trésor Public, suivi de la régularisation des factures en retard ne leur ayant pas suffi), il a pour mission de débrancher le câble d'alimentation de notre compteur. Aucune discussion possible. Mr Touré part pour la banque et les bureaux de la compagnie. L'outil de travail est arrêté. Nous sommes anéantis. Ablo, Dembelé, Moussa et moi restons un moment assis sur un banc, à l'ombre, sans rien faire. Puis je fais aussi quelques rangements. Après déjeûner, je fais la sieste. Je suis réveillé par le bruit du frigo qui redémarre. Il a encore une fois bien dégivré. Nous reprenons le travail. Les élèves du soir viennent sans savoir combien la journée a été dure. En plus, Mr Touré avait convoqué l'électricien pour une remise en ordre et correction des divers problèmes dans l'immeuble. Il faut l'accompagner pour lui montrer les ampoules grillées, les interrupteurs coincés par la peinture, les globes opacifiés par la poussière, la peinture et le mortier. Nous terminons après 21 heures. Dîner sobre et rapide, avec un poulet entier (pas de quoi avoir une indigestion).

Mercredi - attente

Journée commencée sans internet, il faut changer le programme pour le groupe du matin : bureautique Excel, quelques corrections aux CV, encyclopédie Encarta. J'ai réussi à obtenir 2 CV ce matin, ce qui porte à 7/8 pour le matin, et 5/8 pour le soir, le nombre de CV enregistrés. Il en manque 4/16, ce qui correspond au taux d'absentéisme.
L'après-midi, nous récupérons le temps perdu, car il n'y aucun cours. Saisie et contrôle des sujets des compositions de la semaine prochaine.
Comme nous terminons tôt, je propose d'aller vers Djicoroni (Ji : l'eau - koro ni : à côté de). Nous partons de Bougie_Ba par cette belle avenue, puis traversons des quartiers peu éclairés, puis la RN5. Nous marchons jusqu'au fleuve. Djicoroni est aussi un quartier très animé, avec de nombreuses boutiques ouvertes le soir. Après cela, nous nous arrêtons chez Edwige, un restaurant ivoirien situé entre Bougie-Ba et le ministère de la Formation Professionnelle. La cuisine est faite par une grosse équipe sous la direction de Hermane, et les boissons servies par Démago. C'est l'un des rares établissements où l'on consomme de la bière. L'attente est longue, mais le poulet est excellent ; il eût été parfait s'il n'y avait eu une cuillère de moutarde par dessus.

mercredi 2 juin 2010

Mardi : déconnexion

Pour la séance de bureautique et internet, Sylla est arrivé en retard. Tous les postes étaient occupés, sauf celui qui n'avait pas de câble. Alors, il commence à examiner les câbles restants. Je lui fais remarquer que ceux- là ont un défaut. Il sort son cahier, et commence à refaire l'un des câbles ratés. Avant de sertir, il me montre, et je luis dis que ce n'est pas correct. Il me montre que c'est conforme à son cahier. Je lui demande alors de barrer le schéma dans son cahier, et de noter à nouveau à partir du document de référence. Et un peu plus tard, il a réussi à connecter son PC. Une bonne surprise.
Ce matin, Mr Touré est allé payer une facture de téléphone en retard. Vers midi, on a entendu le téléphone sonner, puis la connexion internet a été coupée. Bien coupée, jusqu'au lendemain midi. Et cela n'a été rétabli qu'après réclamation, visite d'un technicien, etc... Curieuse façon de remercier...
Les élèves du soir n'ont donc pas été perturbés par internet. Ils ont travaillé leur CV, puis une petite initiation à Excel.
Comme nous aussi, nous sommes privés, je suggère à Moussa de faire promenade et dîner à Lafiabogou. J'en profite pour faire quelques courses : des vis, trouvées par hasard dans une quincaillerie (il y a rarement plus de  3 modèles de vis, et pratiquement jamais celui que je cherche), du thé "anti-malaria" (contenant de l'armoise Artemisia capillaris, du fruit de Brucea javanica, de la racine de Pueraria), du miel car j'aurai bientôt fini mon deuxième litre, et un yoghourt vanille.  Nous croisons plusieurs élèves du Lycée, dont un de la classe de maintenance qui n'est pas venu ce matin. Moussa lui demande où il était ce matin (il m'a traduit la question après que j'aie entendu la réponse), et j'entends la réponse évasive :"yòrò do la".

Le miel "non brûlé" est ainsi appelé à cause d'un usage de certains apiculteurs qui allument un feu sous la ruche pour éloigner les abeilles et récolter le miel. Mais cela donne un goût particulier au miel, et élimine une partie des vitamines.